Guide fiscal
Nombre de parts fiscales : le calcul, cas par cas
Une part par adulte, une demi-part par enfant, une part entière à partir du troisième. Le principe tient en une phrase, les exceptions un peu plus.
Le nombre de parts est le diviseur du calcul de l'impôt. Il traduit une idée ancienne : à revenu égal, un foyer qui fait vivre plus de personnes doit payer moins. Les règles sont précises, et leur effet est limité par un plafond que beaucoup ignorent.
Le décompte de base
| Situation | Parts |
|---|---|
| Célibataire, divorcé ou veuf, sans enfant à charge | 1 |
| Marié ou pacsé, imposition commune | 2 |
| Premier enfant à charge | + 0,5 |
| Deuxième enfant à charge | + 0,5 |
| Chaque enfant à partir du troisième | + 1 |
Un couple avec deux enfants compte ainsi 3 parts, et 4 avec trois enfants. Une personne seule avec deux enfants compte 2 parts, auxquelles peut s'ajouter la majoration des parents isolés décrite plus bas.
Pour les enfants, c'est la situation la plus favorable entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année des revenus qui compte : un enfant né en décembre 2025 donne droit à sa demi-part pour toute l'année.
Les cas particuliers
Veuf ou veuve avec enfants
Le parent veuf qui a au moins un enfant à charge conserve le nombre de parts d'un couple : 2 parts, plus celles des enfants. Un veuf avec un enfant compte donc 2,5 parts. Sans enfant à charge, il revient à 1 part.
Parent isolé
Une personne qui vit seule et assume la charge d'un enfant bénéficie d'une demi-part supplémentaire, à cocher en case T de la déclaration. Cette majoration a son propre plafond, plus élevé que le plafond général. La condition est de vivre réellement seul : un parent en concubinage n'y a pas droit.
Garde alternée
Quand l'enfant réside alternativement chez chacun des parents, l'avantage est partagé : 0,25 part pour chacun des deux premiers enfants et 0,5 part à partir du troisième, pour chaque parent.
Invalidité
Le contribuable titulaire d'une carte mobilité inclusion portant la mention invalidité, ou d'une pension d'invalidité d'au moins 40 %, a droit à une demi-part supplémentaire. Un enfant à charge titulaire de cette carte ouvre droit à une demi-part en plus de la sienne.
Enfant majeur
Un enfant majeur de moins de 21 ans, ou de moins de 25 ans s'il poursuit des études, peut demander son rattachement au foyer de ses parents. L'autre solution consiste à lui verser une pension alimentaire, déductible dans la limite de 6 794 €. Selon les revenus, l'une ou l'autre est plus avantageuse : le rattachement est plafonné, la déduction dépend de la tranche marginale.
Calculer l'impôt de votre foyer
Le simulateur compte les parts selon votre situation et applique le plafonnement du quotient familial.
Le plafond de 1 807 € par demi-part
Au-delà d'un certain revenu, une demi-part supplémentaire ne fait plus gagner qu'un montant fixe : 1 807 € pour les revenus 2025. Les parts de base, 1 pour une personne seule et 2 pour un couple, ne sont pas concernées.
Exemple : un couple a gagné 80 000 € de salaires, soit 72 000 € imposables. Sans enfant, son impôt est de 7 808 €. Avec un enfant, le calcul sur 2,5 parts donnerait 4 730 €, soit un avantage de 3 078 €. Il est ramené à 1 807 € et l'impôt retenu est de 6 001 €.
En pratique, pour les revenus moyens et élevés, chaque demi-part vaut donc au plus 1 807 € d'impôt en moins. Pour les revenus modestes, l'avantage réel est souvent inférieur, et parfois nul si le foyer n'était de toute façon pas imposable.
Se marier ou se pacser fait-il payer moins ?
Pas toujours. L'imposition commune est avantageuse quand les revenus des deux partenaires sont très différents : le quotient conjugal fait baisser le revenu par part du plus aisé. Quand les revenus sont proches, l'effet est nul, et la décote peut même jouer en sens inverse.
Deux personnes gagnant chacune 25 000 € paient 845 € chacune si elles sont imposées séparément, soit 1 690 €. Mariées ou pacsées, elles paient ensemble 2 000 €, parce que la décote d'un couple est plus faible que deux décotes individuelles. L'année du mariage ou du pacs, il est possible d'opter pour des déclarations séparées : la comparaison vaut la peine d'être faite.
Sources : articles 6, 194, 195 et 197 du Code général des impôts, impots.gouv.fr, service-public.gouv.fr.